Arts et culture au Luxembourg
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Citation de Victor Hugo concernant Vianden

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Le musée littéraire Maison Victor Hugo propose des lettres manuscrites du poète, des meubles, des documents et des reproductions de dessins de son séjour à Vianden.

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Office national du Tourisme

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Victor Hugo, lors d'une visite à Beaufort en 1871, écrit: « Entre deux pluies, je suis allé voir le manoir. Il apparaît à un tournant de rue, dans une forêt, au don d'un ravin ; c'est une vision. Il est splendide».

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Marcel Schmitz / SIP

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Le Luxembourg a inspiré plusieurs grands écrivains de la littérature européenne lors de leur passage au pays, dont Victor Hugo (1802-1885).

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Guy Hoffmann / SIP

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Le Luxembourg à travers le regard ...
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... d'auteurs

Parmi les auteurs luxembourgeois, ce sont sans doute Roger Manderscheid (1933-2010) et Guy Rewenig (né en 1947) qui ont écrit le plus sur le pays. Tandis que la trilogie constituée des romans schacko klak, de papagei um käschtebam et feier a flam de Roger Manderscheid est à consonance autobiographique, Guy Rewenig commente de façon critique les problèmes politiques et sociaux ainsi que la mentalité et la vie au Luxembourg dans son roman Hannert dem Atlantik. Fréquemment récompensé, il a obtenu le premier prix du Concours littéraire national 2007 pour Le Chef d'orchestre à la baguette de bambou, un roman traitant de l'immigration au Luxembourg.

 

Jhemp Hoscheit (né en 1951) est l'auteur de textes satiriques, de pièces de théâtre et radiophoniques ainsi que de livres pour enfants. Son premier roman Perl oder Pica a été récompensé par le prix Servais en 1999 comme meilleur livre édité au Luxembourg. L'histoire sur l'après-guerre, racontée du point de vue de Norbi Welscheid, âgé de 12 ans et vivant dans une petite ville industrielle typique du sud du Luxembourg, a été portée au grand écran en 2006 par le réalisateur luxembourgeois Pol Cruchten.

 

Mrs Haroy ou la Mémoire de la baleine de l'écrivain d'origine italienne Jean Portante (né en 1950), est un roman inspiré de l'immigration, qui a été traduit en plusieurs langues. Certaines des saynètes de l'auteur et acteur de café-théâtre d'origine italienne et de nationalité française, Claude Frisoni (né en 1954), traitent des particularités du Luxembourg et de ses habitants.

 

L'actualité luxembourgeoise est illustrée de façon satirique dans les bandes dessinées, qui rencontrent un grand succès au Luxembourg. Les aventures de Superjhemp de Lucien Czuga (né en 1954) et Roger Leiner (né en 1955) connaissent un tirage annuel de 10.000 exemplaires, considérable pour un petit pays.

 

Le Luxembourg a également inspiré plusieurs grands écrivains de la littérature européenne lors de leur passage au pays, tels que Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) et Victor Hugo (1802-1885).

 

Différentes facettes du Luxembourg sont également décrites, entre autres par l'historien français Jules Michelet (1798-1874), le publiciste belge Victor Joly (1807-1870), l'homme d'Etat français et père de l'Europe, Robert Schuman (1886-1963), l'écrivain et homme politique français Maurice Barrès (1862-1923), le poète français Guillaume Apollinaire (1880-1918) ou l'écrivain belge Jean Ray (1887-1964). L'auteur américain Henri Miller (1891-1980), l'écrivain et sémiologue français Roland Barthes (1915-1980), la poète lorraine Anne Blanchot-Philippi (1928-1985), le poète français Jacques Reda (né en 1929) et l'intellectuel français Jacques Rigaud (né en 1932) ont aussi marqué leur intérêt pour le pays.

 

En témoignent quelques citations (textes publiés par Frank Wilhelm dans Grand-Duché de Luxembourg, Guides Gallimard, Paris, Editions Gallimard, 1998, p. 62-67):

 

 

Victor Hugo (1802-1885)

 

«Tout ce que nous voyons est superbe, les Ardennes sont un enchantement.»

Victor Hugo à propos des Ardennes luxembourgeoises où il séjourna à plusieurs reprises

 

«Aujourd'hui dans son paysage splendide que viendra visiter toute l'Europe, Vianden se compose de deux choses également consolantes et magnifiques, l'une sinistre, une ruine, l'autre riante, un peuple.»

Victor Hugo à propos de Vianden, ville ardennaise

 

 

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)

 

«Wer Luxemburg nicht gesehen hat, wird sich keine Vorstellung von diesem an- und übereinander gefügten Kriegsgebäude machen. Die Einbildungskraft verwirrt sich, wenn man die seltsame Mannigfaltigkeit hervorrufen will, mit der sich das Auge des hin und her gehenden Wanderers kaum befreunden konnte.»

Johann Wolfgang von Goethe à propos du duché de Luxembourg, lignes rédigées lors de son deuxième passage au Luxembourg du 14 au 22 octobre 1792

Traduction libre: Qui n'a vu le Luxembourg ne peut s'imaginer ce bâtiment de guerre aux composants des plus hétéroclites. L'esprit se trouble si l'on tente de se remémorer la surprenante diversité que l'oeil du voyageur n'a pu, lors de ses passages répétés, appréhender.

 

J.W. von Goethe, Campagne in Frankreich 1792 [Ed.: J. Drews], Francfort, 1994, p. 126-127.

«Hier findet sich soviel Größe mit Anmut, soviel Ernst mit Lieblichkeit verbunden, dass wohl zu wünschen wäre, Poussin hätte sein herrliches Talent in solchen Räumen getätigt.»

Johann Wolfgang von Goethe à propos du duché de Luxembourg, lignes rédigées lors de son deuxième passage au Luxembourg du 14 au 22 octobre 1792

Traduction libre: Cet endroit est à ce point empreint de grandeur et de charme, de gravité et d'harmonie, que l'on en vient à souhaiter que Poussin ait exercé son admirable talent dans ces contrées.

 

 

Robert Schuman (1886-1963)

«C'est à Luxembourg que j'ai acquis les premières notions du patriotisme. C'était en 1890, sous le balcon grand-ducal. La foule acclamait le Grand-Duc Adolphe qui venait de faire son entrée solennelle dans la capitale. J'étais un petit garçon de quatre ans, perdu dans la masse. Je m'enflammais de son enthousiasme, je partageais sa fierté.

 

Comme tout le monde je chantais - tant bien que mal - le «Feierwon»: «Mir wölle jo keng Preise sin.» La «Marseillaise», je l'ai connue bien plus tard seulement. Je savais désormais ce qu'est I'amour du pays, l'attachement au Souverain qui personnifie et garantit l'unité, la continuité et l'indépendance de la nation.»

 

R. SCHUMAN, Discours à l'occasion de la réinauguration de la Maison Victor Hugo à Vianden, le 1er août 1948, Service information et presse du gouvernement, Bulletin d'information. Luxembourg, 1948, p. 122-124.

 

 

Maurice Barrès (1862-1923)

 

«Par un délicieux soleil ils quittèrent Sierck et passèrent le bac à Apach. C'est entre cette ville et Perl, à quatre kilomètres de Sierck, qu'avant 1870 la ligne de frontière séparait la France de la Prusse rhénane. Rive gauche, Sturel et Saint-Phlin roulaient sur le territoire du Grand-Duché, souverain de Luxembourg. Sur la rive droite, ils voyaient l'Empire d'Allemagne. La douceur reposante de la Moselle fait contraste avec la suite de querelles qu'évoquent ces lieux perpétuellement disputés par deux grandes races. Elle coule bleue dans les vignobles et dans des prairies; sur sa rive, des chalets aux fenêtres largement ouvertes annoncent des chambres à louer. Petites maisons à la française, perpétuellement rafraîchies par le vent de la rivière, égayées par le vin innocent des coteaux et d'où I'on n'entend rien que le bruit d'une faux aiguisée, des enfants, un chant de coq, un village qui donne l'heure, de jolis silences. II est impossible de les entrevoir sans imaginer qu'on y passerait d'excellentes vacances.»

M. BARRES, L'Appel au soldat, Paris, 1900.

 

 

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

 

«Un soir je descendis dans une auberge triste

Auprès de Luxembourg

Dans le fond de la salle il s'envolait un Christ

Quelqu'un avait un furet

Un autre un hérisson

L'on jouait aux cartes

Et toi tu m'avais oublié.»

G. APOLLINAIRE, «Le voyageur», oeuvres poétiques, Paris, Bibliothèque de la Pléiade, 1965, p. 78.

 

 

Anne Blanchot-Philippi (1928-1985)

 

Luxembourg

«Rocher redoutable et fier, bastion féodal

Coiffé de tes clochers pointus, de tes tourelles,

Avec ta Protectrice en robe de dentelle

Et les rêves mauresques du Palais Ducal,

Guillaume saluant du haut de son cheval,

Avec tes ponts altiers, avec tes passerelles

Marchant à pas inégaux vers la Citadelle,

Et tes jardins moelleux, tapis au creux du val,

Ville vaillante, à la couronne crénelée,

Toi, la plus pacifique et la plus fortifiée,

Voici qu'enfin, sans canonnades et sans cris,

Pareille à l'artisan dans l'ombre dune échoppe,

Gravement, douloureusement, au fond des nuits,

Tu forges le destin de notre vieille Europe.»

A. BLANCHOT-PHILIPPI, «Luxembourg», Mes jardins sont de terre rouge, Luxembourg, 1983, p. 77.

 

Le cimetière de Schifflange

«Sur le plateau à minerai

Tous les anciens dorment en paix.

Les inconnus et ceux qu'on a aimés,

Les morts d'hier et les pestiférés

Sont alignés sur le plateau,

Plus haut que tous les hauts fourneaux,

Hors du fracas et des fumées,

Loin des lueurs de la coulée,

Ils dorment Ià, tout près du bois,

Loin des soucis de ceux d'en bas.

La terre qui les a nourris,

La terre rouge les a pris.

Ils sont tournés vers l'Eternel

Et dorment entre fer et ciel.»

A. BLANCHOT-PHILIPPI, «Le cimetière de Schifflange», Mes jardins sont de terre rouge, Luxembourg, 1983, p. 76.

 

 

Jacques Reda (né en 1929)

 

«A Luxembourg, ville très stable,

Le Pont Adolphe, chaque nuit,

Enjambe mon lit et ma table

Et dans les rêves me poursuit.

N'ayant ni soeur ni camarade,

J'ai peur, quand bougent les rideaux,

Que ce fabuleux plantigrade

Cherche à m'emporter sur son dos. [...]»

J. REDA, L'Herbe des talus, Paris, Ed. Gallimard, 1984.

 

 

Jacques Rigaud (né en 1932)

 

«[...] Là commence le malentendu. Car le Luxembourg n'est ni allemand, ni belge, ni hollandais et pas davantage français. Il est, figurez-vous, luxembourgeois - ce qui n'est pas si simple et ne se comprend que par une histoire longue, austère, inscrite dans le roc de cette antique forteresse.

[...] Jacques Santer est sans doute le seul Premier ministre d'Europe qui puisse communiquer avec ses concitoyens en ouvrant simplement sa fenêtre - et peut-être en les appelant par leur prénom. Car tout le monde se connaît à Luxembourg.»

J. RIGAUD, «Luxembourg», in Le Nouvel Observateur («Les 30 capitales culturelles de I'Europe par leurs grands écrivains», n° 13) octobre 1992, p. 58-60.

 

 

Jean Portante (né en 1950)

 

«Il y a au moins quinze mégots sans filtre par terre, autour des pieds d'Alfredo. A cinq minutes par cigarette, et sans compter les temps morts - il n'a tout de même pas fumé d'une manière ininterrompue -, ça fait quarante- cinq minutes qu'il se trouve dans la gare. Trois quarts d'heure. Sans compter qu'à plusieurs reprises il est allé faire un tour dehors, jusqu'au cinéma Eldorado, pour regarder les affiches. [...]

Oui, il faudrait y ajouter les mégots et les temps morts devant le cinéma. Et aussi ceux qu'il a laissés sur la rotonde, alors qu'il a contemplé le manège des tramways tournant tout autour. Et puis, il a pris une Henri Funck à la buvette installée devant le petit terrain vague boueux, juste à côté du cinéma. Là, alors qu'il avalait sa bière, il a examiné les immeubles du quartier. C'est bizarre, s'est-il dit, tout a l'air si riche, comme si la guerre n'avait pas eu lieu. L'hôtel Alfa avec ses balcons, l'hôtel Clesse au coin de la Raquette et de l'Avenue, le cinéma Eldorado où il n'a encore jamais mis les pieds, la gare avec sa tour, tout est resté intact.»

J. PORTANTE, Mrs Haroy ou la Memoire de la baleine, Echternach, Ed. Phi, 1993, p. 49-50.

 

 

Gilles Ortlieb (né en 1953)

 

«Jour de fête pour célébrer l'anniversaire du Grand-Duc. Après les mois de feutre cousu, mai entrebâillé, juin grand ouvert. On avait oublié que les bruits pouvaient porter si loin, et librement. Pas un commerçant dont la vitrine ne soit ornée d'un portrait encadré du couple royal [sic] en habit de cérémonie, à des âges divers. Les fumées grésillantes des braseros installés au coin des rues, la démarche fériée des promeneurs attendant la retraite aux flambeaux et les cortèges de petites filles embouquetées avant, clou de la soirée, les feux d'artifice qui seront lancés du pont Adolphe, comme l'exige la tradition.»

G. ORTLIEB, Gibraltar du Nord, Cognac, Ed. Le temps qu'il fait, 1995, p. 96.